Sur ce sujet :
Jean-David Morvan
Jean-David Morvan
Scénariste principalement de bande dessinée.

Je suis né à Reims le 28 novembre 1969,
j'ai habité pendant neuf ans à Versailles avant de revenir à Reims.
C'est à la librairie de la femme de Sokal ("L'inspecteur Canardo")
que j'ai découvert toute la BD dite adulte en cherchant la suite de
Métro Cassiopée, direction Châteletdans la série Valérian.

J'avais onze ans et j'achetais "La terre de la bombe", "L'Indien Français",
"Les innommables", "Bastos et Zakousky", "Comanche", "L'incal", "Thorgal"
et surtout le magazine "Gomme" (mon premier dessin publié dans le courrier des lecteurs).
C'était le début de l'ère Glénat, à l'époque, ils ne sortaient qu'une BD par mois.
J'ai redoublé ma quatrième et raté mon bac une fois.
Heureusement, comme je suis de la fin de l'année,
on avait l'impression que je n'avais qu'un an de retard.
J'avais alors un peu peur de filles et dans le fond, je ne m'intéressais qu'à la BD.

Mardi donc… En quatrième, j'ai rencontré Christian Lerolle,
un des deux Color Twins, en deuxième terminale F Guréghian, l'autre moitié du duo.

En seconde : Sylvain Savoia. Ensemble, on a commencé à collaborer à un fanzine qui s'appelait "Hors Gabarit".
On a vite monopolisé les pages, ce fut une bonne formation.
Là, j'ai rencontré un certain Yann Le gall avec lequel nous avons inventé la base de Zorn
et Dirna dont le premier tome vient de paraître chez Soleil.
Et dans le fanzine concurrent sévissait un certain Jab Jab Whamo.

Ensemble, et pour rigoler, on a fait 120 pages d'un crossover entre Batman
et Wolverine qui se passait après le Dark Knight. Tout ça a dû finir à la poubelle…

Je suis parti en 1989 à l'école de Saint-Luc à Bruxelles (avec presque tout ce monde-là-là)
dans le but d'apprendre le métier de dessinateur mais c'est là que j'ai arrêté de dessiner.
J'ai surtout appris à sécher les cours mais aussi à parler avec des professionnels
qu'une certaine Éliane qui tenait Forbidden World nous a fait rencontrer (Riff Reb's, Bodart, Th Robin, Qwack etc)…

Avant, je n'osais pas leur adresser la parole, ils m'impressionnaient.
Dans ce magasin, j'ai vraiment commencé à m'acheter des comics, même si ça m'intéressait déjà avant.
Mais la période était bonne : Miller, Moore et autres Mazzuchelli faisaient bouger les super héros.
Et puis Akira sortait en couleur chez Marvel.

J'ai aussi découvert une librairie Japonaise dans laquelle j'ai commencé à acheter
des bande dessinées japonaise de Dragonball et Gunnm.
Ils coûtaient 210 francs Belge, je m'en souviens. Au festival de Villeneuve D'Asc,
comme on en avait marre de l'école, on a décidé de présenter à Zenda (alors indépendant)
des projets d'albums dans lesquels je m'étais improvisé scénariste (comme quoi, l'improvisation…).

Avec JJ Whamo, on avait imaginé une histoire de SF dans laquelle
des dinosaures soldats qui attaquaient une planète de sados masos humains.
C'était très trash, il devait y avoir deux albums et le titre de la série,
c'était "Profond comme la haine"… Tout un programme.
Avec Y Le gall, c'était la première version de Zorn et Dirna.
Elle a été beaucoup retouchée depuis mais la base était la même.
Avec S Savoia, nous avons proposé "Reflets Perdus".
Ce dernier a été accepté, à notre grande surprise et notre grand plaisir.

L'année suivante, j'ai passé le concours des beaux-arts mais je ne pensais qu'à travailler sur les projets.
Je fus viré pour non-assistance aux cours en danger.
J'ai donc fait mon service militaire à Mourmelon-le-Grand en tant que vaguemestre entre Février et Novembre 1992. L'album allait paraître quand les éditions Glénat ont racheté Zenda.
Je ne sais pas s'il aurait paru si Whamo et moi n'avions pas signé la série "Horde" chez cet éditeur.
Toujours est-il que nous n'en vendîmes que 1200 exemplaires,
le reste allant fournir les bacs des soldeurs.

Heureusement entre-temps, Akira était arrivé en France et marchait bien.
Jean Claude Camano, directeur de collection, voulait lancer des séries Française dans cette mouvance.

On s'est lancé dans le projet "Nomad" avec S Savoia.
Le pari : 136 pages tous les six mois.
Pour ce faire, Sylvain m'a présenté P Buchet qui travaillait avec lui dans une agence de communication.
C'était un fan de SF, ça tombait bien, il s'est mis au stylique et au crayonné des pages technos.
Dans la foulée, Jean-Claude a reçu le dossier d'un jeune dessinateur nommé Trantkat.
Il avait déjà un univers de SF assez développé et le format de cette nouvelle collection l'intéressait.
Nous nous sommes rencontrés, je me suis fondu dans le monde de Karl Hollister, son héros, et HK a vu le jour.

Je travaillais alors en collaboration au scénario avec Th Trübe
et V Trannoy (un des deux dessinateurs de Zorn et Dirna) "fabriquait" les décors.
P Buchet a travaillé sur les deux premiers "Nomad" puis a eu envie de dessiner de ses propres ailes.
Il a quitté son travail de directeur commercial et s'est lancé dans l'aventure de la BD.
La grande farandole des projets refusés a duré un an, le temps de vider toutes ses économies.

Heureusement, Guy Delcourt (Chez qui je commençais Troll avec O Boiscommun
et J Sfar, que j'avais rencontré par hasard dans ma voiture mais c'est une longue histoire…)
nous a un jour demandé, au festival de Sierre, de préparer pour lui une série de Space Opéra.
Le mot "Sillage" me trottait dans la tête depuis pas mal d'années, nous avons tout construit autour de lui.

"Nomad" et "HK" marchaient déjà pas mal en librairies mais les ventes de "Sillage" décollèrent d'un coup sec,
aucun éditeur ne pouvait l'ignorer.
J'en ai donc profité pour reprendre d'anciens projets (précédemment refusés partout)
auxquels je croyais, pour les remettre au goût.

C'est ainsi que "7 secondes" se fait chez Delcourt avec un ancien (plus jeune que moi) de St-Luc :
G Parel, que "Zorn et Dirna" avec B Bessadi et V Trannoy se réalise chez Soleil,
que "Reality-show" avec F Porcel sont en cours de réalisation chez Dargaud,
que The Only One va sortir chez Glénat ou que "Al Togo" avec S Savoia
(avec qui nous voudrions aussi refaire une mouture plus commerciale de "Reflets Perdus") se précise.

Dans le même temps, je réalise avec JL Munuera pour Lanfeust Mag des histoires courtes
du très hautain mythecin généraliste "Sir Pyle",
qui soigne souvent les monstres envers et contre eux-mêmes.
Ce projet était la première idée refusée d'une série pour le journal Maximum
des éditions Bayard pour lequel j'ai finalement créé "L'archipel des mondes perdus" avec JJ Whamo.

Et puis il y a les projets plus récents, tels que "Le cycle de Tschaï" avec Li-An adaptation
d'une série de romans de Jack Vance), "La Mandiguerre" avec S Tamiazzo, "Continuum" avec JM Ponce,
"Jolin la teigne" avec Ruben.
Sans oublier des séries toutes chaudement signées comme "Trop de bonheur"
avec S Lejeune et "L'homme qui rit" (d'après Victor Hugo) chez Delcourt,
"Je suis Morte" avec NiKo Némiri chez Glénat ainsi que "CUB" avec Jab Jab Whamo, " Xénos" avec JL Munuera...
et la reprise du scénario de "Merlin" (avec l'accord de Joann Sfar) avec ce même copain Espagnol chez Dargaud.
Au chapître des reprises, le tome 4 de "Troll" est en route avec au dessin Thomas Labourot chez Delcourt.
Comme si ce n'était pas assez, trois nouveau projets se sont signés début 2002, mais n'en parlons pas encore...
Tout ça m'occupe presque à plein temps,
la vie quotidienne s'occupe du reste…

Bibliographie

-Al'Togo
Tajna Policja (2005)
Midi-Zuid (2004)
297 km (2003)

-Fleau.world
Conception (2003)

-Merlin
Merlin Papa (2003)
Tartine et Iseult (2002)

-Le Petit Monde
Vamos, Vamos! (2005)

-Reality Show
Final cut (2005)
Direct Live (2004)
On Air (2003)

-Trois et l'ange
Les Éphémères (2005)

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